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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 19:28

L'homme qui allait devenir mon époux quelques mois plus tard arriva dans ma vie lors d'une période où j'étais très seule et en plein désarroi.

 

Alors que j'étais hospitalisée dans une maison médicalisée en montagne, il entra et s'installa dans la salle du réfectoire où j'étais parmi les derniers pensionnaires à terminer mon repas. Âgée de vingt-quatre ans, je remarquai à peine cet homme d'un certain âge à l'allure désinvolte. Par contre, lui, m'a rapidement repérée. Dès le lendemain, il demanda au personnel de service à être placé à ma table !

Il se mit à me parler et sympathisa immédiatement avec moi. À partir de ce moment là, il noua à mon encontre une relation amicale et paternaliste, du moins ce fus ce que j'eusse cru. Enfermée par mes parents, je n'avais jamais pu faire mes expériences ; je ne pouvais donc pas douter de la sincérité des sentiments amicaux que me témoignait ce patient d'autant plus qu'il avait le double de mon âge. Son attention et l'affection paternaliste m'apportèrent la chaleur humaine dont j'avais tellement besoin. Il sut s'y prendre avec moi qui n'étais jamais sortie, en égayant mon séjour par des repas au restaurant, des séances de cinéma et des ballades.

 

Quelques semaines plus tard, lors d'une promenade, il me fit, à ma grande surprise, une déclaration sentimentale et me demanda de l'épouser. Ma première réaction fut de refuser ! Encore très éprise de mon premier amour perdu, je ne pouvais concevoir d'accepter de m'unir à un homme dont je savais pertinemment que je ne pourrais jamais être amoureuse. Il prit alors une permission de sortie de plusieurs jours et je me retrouvai bien seule.

Comme j'avais déjà effectué un séjour de cinq mois, la responsable du service m'informa que ma sortie était prévue dans un mois car, à cette époque là, les moyens séjours hospitaliers n'excédaient pas six mois. Très angoissée à la perspective d'être contrainte de retourner au domicile parental, car mon état de santé ne me permettait pas de prétendre à la recherche d'un emploi et j'ignorais même qu'il existât des aides sociales auxquelles j'avais droit et qui m'auraient permises d'être autonome, je songeai à la demande en mariage qui m'avait été formulée.

Par manque d'informations, je n'avais à ma connaissance que deux possibilités : soit je prenais le risque de continuer à dépérir dans la "prison" parentale, soit je me laissais une chance de vivre en épousant ce patient au demeurant sympathique qui me témoignait de l'attention.

 

Lorsque j'acceptai finalement cette union, pour survivre, j'eus conscience que je sacrifiais mon corps, ma jeunesse et mes rêves à cet homme qui avait l'âge d'être mon père. Mon mariage fut loin d'être le plus beau jour de ma vie ! Je pensais à ce que m'avait dit mon premier amour : « Il n'y a que toi que je veux pour femme !» et j'étais profondément triste.

 

Peu de temps après, je découvris d'autres aspects de la personnalité de mon mari. Ainsi, je pris conscience de son addiction à l'alcool lorsqu'il tenta de cesser de boire. Son visage déformé par des rictus incontrôlables me fit peur pour la première fois. Sa tentative échoua et il commença à devenir violent quand il avait trop bu.

Un soir où je venais à peine d'entrer dans notre chambre, il m'attrapa par les cheveux et me projeta sur le lit. Il me frappa sur la tête pendant une bonne partie de la nuit et me blessa au genou en me poussant brutalement contre le radiateur. Je reçus ces coups en silence, seules les larmes qui coulaient le long de mes joues, dans l'obscurité, traduisaient mon désespoir. Cet acte de violence fut provoqué par son impatience à avoir un rapport sexuel avec moi après avoir ingurgité plusieurs verres de whisky. Cette première fois ne fut malheureusement pas la dernière !

 

D'autres brutalités suivirent pour des motifs tout encore plus dérisoires (gifles, table renversée au cours des repas, bousculades en me tirant par les cheveux... ).

Un jour, sur un accès de colère, il me lança même une viande congelée sur la tête ! J'eus à peine le temps de l'esquiver. Ce réflexe me sauva probablement la vie.

 

Mon mari fut non seulement brutal mais également infidèle. Il eut même la cruauté d'héberger l'une de ses maîtresses chez nous, pendant plusieurs jours, alors que notre fils aîné avait seulement neuf mois. Un soir, il me prit par la main et m'amena dans la chambre qu'elle occupait afin de me faire assister à leurs ébats pour me montrer la manière dont il fallait s'y prendre. Cette scène fut horrible pour moi ! J'aurais voulu mourir pour mettre fin à l'humiliation et à la souffrance insoutenable que je ressentais. Mon mari et sa maîtresse m'infligèrent à cette période-là une véritable torture !

 

Cet homme rustre et malin mais inculte, qui n'était ni affectueux ni tendre, ne comprenait pas pourquoi je ne parvenais pas à prendre sexuellement du plaisir avec lui. Comment aurais-je pu éprouver du désir pour un tel homme ? De plus, avec son ventre bedonnant, son allure inélégante et son haleine tabagique, il était bien loin d'être le genre d'homme qui aurait pu m'attirer.

Par ailleurs, il utilisait mes difficultés psychomotrices liées à mes troubles dépressifs et anxieux pour me dévaloriser et me faire croire que j'étais une incapable. Lorsqu'un ami ou un voisin le complimentaient « sur sa jolie et élégante épouse », il se plaisait à leur répondre « oui, mais elle a des difficultés ! ». Il fallut qu'il effectuât plusieurs longs séjours en centre cardio-respiratoire au cours des dix dernières années de sa vie pour que je prisse conscience que j'étais réellement capable de faire beaucoup de choses.

 

Après huit ans de mariage, grâce à l'évolution psychologique rendue possible par le travail psycho-thérapeutique que j'effectuais, j'eus le courage de tenter de le quitter. Dans un premier temps, l'association que j'avais contactée au préalable accepta de m'aider, et m'hébergea pendant huit jours avec mes enfants. Hélas, lorsque le responsable de l'association rencontra mon mari fort doué en manipulation, il refusa de poursuivre son soutien et me conseilla vivement de réintégrer mon domicile conjugal. « Votre époux n'a vraiment pas l'air si terrible ! Votre attitude est irresponsable !» m'affirma-t-il.

En fait, sous prétexte que je déformais la réalité et que j'amplifiais négativement les situations en raison de mes troubles dépressifs, qu'en vérité je cherchais à reprendre ma liberté dans le seul but de le tromper, mon mari s'était habilement montré convaincant.

 

Cet homme manipulateur, pervers et malicieux n'était pas celui que je souhaitais épouser mais les trois petits anges qui naquirent de cet union furent mes grands amours. Je leur consacrai entièrement de nombreuses années de ma vie.

 

Depuis quelques années, j'aime un homme bon, sensible, intelligent et cultivé qui m'accorde une attention sincère, me soutient et prend soin de moi au quotidien. Près de lui, je me sens bien et enfin en sécurité ! Grâce à lui et à mon équipe médicale, mon état de santé s'est amélioré bien qu'il me reste encore un long chemin à parcourir.

 

Tout comme mon père, mon mari présentait tous les aspects d'une personnalité perverse narcissique. Comme Christel Petitcollin l'a si justement relaté dans son livre Je pense trop (1), "les pervers sont malveillants, haineux, méfiants, grincheux, lâches, vides et peuvent même être cruels. Il leur faut salir, écraser, massacrer tout ce qui est amour et joie de vivre (..) La méchanceté et la toute-puissance qu'elle leur confère leur procure une jouissance aiguë et enivrante. Quand ils mentent, quand ils blessent et qu'ils humilient, ils se croient très forts et très intelligents".

Menteurs, sûrs d'eux, sournois, péremptoires et accusateurs, ils sont fiers ce qu'ils sont au fond d'eux-mêmes et sont incapables d'auto-critique.

 

Portrait-type du pervers narcissique, mon mari était un véritable prédateur extrêmement dangereux (2). En grand manipulateur, il avait su m'attirer dans ses filets afin de pouvoir me persécuter à sa guise !

 

 

(1) p. 145 et 148, Éditions France Loisirs, Paris, 2015

(2) Il poussa même son délire jusqu'à confier à mon père qu'un jour il me prendrait en voiture avec les enfants et qu'il nous précipiterait dans un ravin !

 

 

Complément à l'article "Survivre à l'enfer familial" rédigé par Cristina Casado

http://la-veritable-lumiere.over-blog.com/2016/09/survivre-a-l-enfer-familial.html

 

La perversité de mon père (annexe 1 à l'article "Survivre à l'enfer familial")

http://la-veritable-lumiere.over-blog.com/2017/03/la-perversite-de-mon-pere.html

 

La démence de ma mère (annexe 2 à l'article "Survivre à l'enfer familial")

http://la-veritable-lumiere.over-blog.com/2017/05/la-demence-de-ma-mere-annexe-2-a-l-article-survivre-a-l-enfer-familial.html

 

Mon fils aîné : successeur de manipulateurs (annexe 4 à l'article "Survivre à l'enfer familial")

http://la-veritable-lumiere.over-blog.com/2017/09/la-personnalite-de-mon-fils-aine-successeur-de-manipulateurs.html

 

Mes méthodes de sauvegarde pour préserver mon psychisme (annexe 5 à l'article "Survivre à l'enfer familial")

http://la-veritable-lumiere.over-blog.com/2017/05/mes-methodes-de-sauvegarde-pour-preserver-mon-psychisme.html

 

Sortir de l'emprise des manipulateurs (annexe 6 à l'article "Survivre à l'enfer familial")

http://la-veritable-lumiere.over-blog.com/2017/06/sortir-de-l-emprise-des-manipulateurs.html

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Published by Pascal Bourdaloue - dans Faits de société
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