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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 11:16

 

Sur la validité historique de la description biblique.

 

 

"La Bible a incorporé des matériaux historiques, non historiques, et quasi historiques, qui sont parfois très proches dans le texte. La recherche biblique consiste essentiellement à distinguer les passages historiques de ceux qui ne le sont pas, en faisant appel à des considérations linguistiques, littéraires et extra-bibliques." (Cf. La Bible dévoilée p. 389, Israël Finkelstein et Neil Silberman , Éditions Bayard, Paris, 2002.)

 

 

Commentaires sur le livre de Josué :

 

"Bien avant que les découvertes archéologiques n'aient remis en question le fondement historique de la conquête de Josué, un petit cercle de biblistes allemands se sont penchés sur le développement de la tradition littéraire israélite plutôt que sur les stratégies guerrières. En dignes héritiers de la tradition critique du XIX ͤ  siècle, ils notèrent les contradictions internes du texte biblique, qui contient au moins deux versions distinctes et contradictoires de la conquête de Canaan.

Les savants allemands ont toujours considéré le livre de Josué comme une montagne de légendes diverses, de chansons, de gestes et de mythes locaux, en provenance de diverses régions du pays et composés au cours des siècles. Les biblistes Albrecht Alt et Martin Noth, en particulier, affirmaient qu'un grand nombre de récits contenus dans le livre de Josué relèvent davantage de la tradition étiologique, c'est-à-dire de légendes destinées à expliquer l'origine de points de repère ou de curiosités naturelles célèbres."

 

En effet, "(..) les histoires bibliques qui se terminent par la remarque que certains points de repère sont encore « visibles de nos jours » proviennent sans doute de légendes de ce genre. À une certaine époque, ces histoires éparses furent rassemblées et mises à l'actif de la campagne militaire éclair du grand et mythique stratège de la conquête, Josué.

Si aux yeux d'Alt et de Noth, le caractère légendaire du livre de Josué paraissait évident, ils estimaient que le premier chapitre du livre des Juges possédait, en revanche, un noyau central relativement fiable de souvenirs de victoires qu'avaient pu remporter des milices très éparpillées, formées par les populations des régions montagneuses, face à différentes cités qui les dominaient. (..) Cependant, il n'y a aucune raison pour que le récit de la conquête du livre de Josué, ne puisse pas, lui aussi, contenir des souvenirs populaires et des légendes qui commémoraient un bouleversement historique qui avait fait date. (Cf. La Bible dévoilée p. 111-112, Israël Finkelstein et Neil Silberman , Éditions Bayard, Paris, 2002.)

 

"Cette accumulation progressive de contes et de légendes - et leur incorporation finale dans une chanson de geste unique et cohérente porteuse d'un message théologique précis - fut le résultat de cette période d'intense créativité et de grande production littéraire qui caractérisa le royaume de Juda pendant le VII ͤ siècle av. J.C. L'indice le plus probant que le livre de Josué fut bien écrit à cette époque nous est fourni par la liste des villes appartenant au territoire de la tribu de Juda (1). Cette liste correspond exactement aux frontières du royaume de Juda sous le règne de Josias. En outre, les noms de lieux mentionnés dans la liste correspondent de très près aux sites occupés au VII ͤ siècle dans cette région. Notons que certains de ces sites furent occupés uniquement pendant les dernières décennies de ce siècle.

La géographie n'est pas le seul lien avec le temps de Josias. L'idéologie favorable aux réformes religieuses et aux aspirations territoriales, qui caractérise tellement cette période y est tout aussi évidente. Depuis longtemps, pour les biblistes, le livre de Josué fait partie intégrante de ce qu'ils appellent l'histoire deutéronomiste, c'est-à-dire la compilation en sept livres de divers matériaux bibliques, du Deutéronome au second livre des Rois, qui fut réalisé durant le règne de Josias. (Ibid. p. 113) 

 

" (..) le livre de Josué est l'expression littéraire et classique des aspirations et des rêves d'un peuple à une époque et en un lieu donnés." (Ibid. p. 116) 

 

(1) Cf. Josué 15, 21-62

 

a) Sur le partage de Canaan : sur le pays des enfants d'Ammon

 

Les versets 24 et 25 du chapitre 13 du livre Josué sont en contradiction avec le verset 19 du chapitre 2 du livre Deutéronome. En effet, en Josué 13, 24-25, "Moïse avait donné à la tribu de Gad (..) la moitié du pays des enfants d'Ammon (..)", alors qu'en Deutéronome 2, 19, il est écrit : « (..) je ne te donnerai rien à posséder dans le pays des enfants d'Ammon : c'est aux enfants de Lot que je l'ai donné (..) ».   

 

 

 

Commentaires sur le livre des Juges :

 

"Les biblistes reconnaissent depuis longtemps que le livre des Juges fait partie de l'histoire deutéronomiste, laquelle exprime, de façon grandiose, les espoirs et les aspirations politiques du royaume de Juda, sous le règne de Josias, au VII ͤ siècle av. J.C.  

(..) le portrait émouvant que nous brosse la Bible de ces juges israélites si vertueux - aussi saisissant soit-il - n'a pas grand chose à voir avec ce qui s'est réellement passé dans les hautes terres de Canaan au début de l'âge du Fer. L'archéologie nous a révélé que la naissance d'Israël n'est pas tant due aux conceptions bibliques tardives sur le péché et la rédemption qu'aux transformations sociales complexes qui ont affecté les populations pastorales des hautes terres de Canaan." (Cf. La Bible dévoilée p. 146-147, Israël Finkelstein et Neil Silberman , Éditions Bayard, Paris, 2002)

 

 

Commentaires sur les contradictions du livre de Josué et sur les contradictions entre le livre de Josué et le livre des Juges :

 

"(..) le livre de Josué et le livre des Juges sont tissés de contradictions quant à la peinture qu'ils font de l'héritage tribal de la totalité de la terre d'Israël. Un passage de Josué déclare que les Israélites ont pris possession de tout le territoire que Dieu leur avait promis et qu'ils se sont débarrassés de tous leurs ennemis (1), tandis que d'autres passages, dans Josué et dans les Juges, montrent clairement qu'un grand nombre de Cananéens et de Philistins vivaient encore à proximité immédiate des Israélites. Comme dans le cas de Samson, les mariages mixtes étaient en réalité monnaie courante."   

(..) En flagrante contradiction avec cette proclamation triomphale de victoire totale, le livre de Josué rapporte que de larges portions de territoires, à l'intérieur même de Canaan, situées en dehors des zones distribuées aux tribus, restent à conquérir (2).

Le livre des Juges (3) va encore plus loin, puisqu'il énumère d'importantes enclaves cananéennes dans les territoires de plus de la moitié des tribus. Le livre des Juges énumère de grandes cités cananéennes, dans la plaine littorale et les vallées du nord, comme Megiddo, Beth-She'an, Dor et Gézér, parmi les villes qui n'ont pas été conquises - alors que le livre de Josué nomme leurs dirigeants dans la liste des rois cananéens vaincus. Bien pire, les Ammonites et les Moabites, qui occupent l'autre rive du Jourdain, font toujours preuve d'hostilité. Les raids en provenance du désert des redoutables chameliers madianites et amalécites restent une menace constante pour les Israélites." (Ibid p. 119 ; p.121)

 

(1) Cf. Josué 21, 43-44

(2) Cf. Josué 13, 1-6

(3) Ce livre raconte les batailles livrées aux ennemis d'Israël.

 

 

Commentaires sur la réalité historique de David et de Salomon :

 

"(..) les exploits qui marquent les débuts de David sont tissés de légendes (..) Les fouilles entreprises à Jérusalem n'ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l'époque de David et de Salomon. Quant aux édifices monumentaux attribués jadis à Salomon, les rapporter à d'autres rois paraît aujourd'hui beaucoup plus raisonnable." (Cf. La Bible dévoilée p. 150, Israël Finkelstein et Neil Silberman , Éditions Bayard, Paris, 2002)

 

"Des historiens de la Bible comme Thomas Thompson et Niels Peter Lemche, de l'université de Copenhague, et Philip David, de l'université de Sheffield, que leurs détracteurs surnomment les « minimalistes bibliques », n'ont pas hésité à déclarer que David et Salomon, la monarchie unifiée, en réalité l'entière description biblique de l'histoire d'Israël, n'étaient rien de plus que des montages idéologiques, habilement élaborés, effectués par les différents cercles sacerdotaux de Jérusalem, durant la période postexilique, voire hellénistique.

D'un point de vue purement littéraire et archéologique, certains arguments plaident en faveur des minimalistes. La lecture attentive de la description biblique du règne de Salomon démontre clairement qu'il s'agit de la peinture d'un passé idéalisé, d'une sorte d'âge d'or, nimbé de gloire. Le compte rendu de ses fabuleuses richesses (1), de son légendaire harem (2), abonde en détails trop excessifs pour être crédibles. En outre, en dépit de leurs prétendues richesses et pouvoirs, ni David ni Salomon ne figurent dans aucun texte égyptien ou mésopotamien. Enfin, Jérusalem ne contient pas le moindre vestige archéologique des célèbres constructions de Salomon." (Ibid. p. 154-155)

 

"L'image que l'on se fait de Jérusalem (3) à l'époque de David, et davantage encore sous le règne de son fils, Salomon, relève, depuis des siècles, du mythe et de l'imaginaire romanesque." (Ibid. p. 159)

 

"(..) l'archéologie avait antidaté d'un bon siècle les vestiges davidiques et salomiques. (..) Il n'y a pas lieu de douter de l'existence historique de David et de Salomon. En revanche, il y a de fort bonnes raisons de remettre en question l'étendue et la splendeur de leur royaume. (..)

En tout cas, au X ͤ siècle, ils ne gouvernaient aucun empire, à partir d'aucune cité palatiale, ni d'aucune capitale prestigieuse. (..) le fait que le deutéronomiste utilise la monarchie unifiée comme instrument efficace de propagande politique prouve qu'à l'époque le souvenir du règne de David et de Salomon sur une partie non négligeable des hautes terres du centre était encore vivace et largement répandu." (Ibid .p. 170-171)

 

"À l'instar du récit des patriarches, des sagas de l'Exode et de la conquête, l'épisode de la glorieuse monarchie unifiée était une brillante composition, tissée à partir de légendes, de chansons de geste des temps anciens, en vue de présenter un ensemble prophétique cohérent, propre à convaincre le peuple d'Israël du VII ͤ siècle av. J.C. (..) Le deutéronomiste voulait communiquer un message d'autant plus puissant qu'il était simple : il nous est encore possible de recouvrer notre gloire passée. (..) la réalité historique de David et de Salomon diffère considérablement de l'histoire qui nous est contée. Elle s'intègre dans la grande transformation démographique d'où allaient émerger les royaumes d'Israël et de Juda - en une séquence historique qui n'a rien a voir avec celle que nous décrit la Bible." (Ibid. p. 172-173)

 

"(..) les Omrides - et non pas Salomon - étaient les auteurs des bâtiments en pierre de taille de Megiddo, ainsi que les enceintes royales de Jezréel et de Samarie (4). L'hypothèse que les Omrides, et non pas Salomon, avaient fondé la première monarchie pleinement constituée d'Israël sembla d'autant plus convaincante (..)" (Ibid. p. 218)

 

"L'unique preuve archéologique qu'il y eût jamais une monarchie unifiée régnant à Jérusalem s'envole en fumée ; cela sous-entend que, politiquement, David et Salomon ne furent guère que des chefs de clan dont le pouvoir administratif local, s'étendait uniquement sur la région montagneuse qu'ils contrôlaient. Plus important encore, cela prouve qu'en dépit de l'insistance biblique sur le caractère unique d'Israël, le royaume qui émergea dans le Nord au début du VII ͤ siècle av. J.C. était d'un type tout à fait répandu dans le Proche-Orient de l'époque." (Ibid. p. 221)

 

"On n'a trouvé à Juda aucune trace d'une prétendue activité littéraire au X ͤ siècle av. J.C. (..) Quant à la Jérusalem de David et de Salomon, elle n'était que l'un des nombreux centres de culte établis à travers le pays : elle n'était en tout cas pas le centre spirituel de l'ensemble du peuple d'Israël." (Ibid. p. 270-271)

 

La recherche archéologique démontre que Juda était quasiment dépeuplé jusque vers la fin du VII ͤ siècle av. J.C. "(..) un siècle de fouilles à Jérusalem révèle que la capitale de Juda n'est devenue une cité de quelque importance qu'à la même période ; au X ͤ siècle av. J.C. , Jérusalem était encore un modeste village (..)" (Ibid. p. 367)

 

(1) Cf. 1 Rois 10, 27 : « Le roi rendit l'argent aussi commun à Jérusalem que les pierres »

(2) Cf. 1 Rois 11, 3 :  « Il eut sept cents princesses pour femmes et trois cents concubines »

(3) Non seulement toute trace d'architecture monumentale y est absente, mais on n'y trouve même pas le moindre tesson !  

(4) Il ne fait aucun doute sur le plan archéologique que le palais de Samarie et l'entière acropole furent bâtis par Omri et Achab, au début du IX ͤ siècle av. J.C.

 

Commentaires sur le premier livre de Samuel :

 

"D'après la Bible, David aurait remporté ses victoires les plus éclatantes contre les cités philistines, dont la plupart ont fait l'objet de fouilles approfondies. Le premier livre de Samuel décrit en détail les affrontements opposant les Israélites aux Philistins (..). Nombre de détails (1) de ces histoires appartiennent clairement à la légende, mais les descriptions géographiques, en revanche, ne manquent pas de précision." (Cf. La Bible dévoilée p. 161, Israël Finkelstein et Neil Silberman , Éditions Bayard, Paris, 2002)

 

(1) L'Arche. Saül et Jonathan, guerres contre les philistins. David contre Goliath.

 

Commentaires sur les livres des Rois :

 

"Nous ne saurons jamais quel est le degré de véracité des documents, textes ou archives utilisés par les auteurs bibliques pour compiler leur version de l'histoire du royaume d'Israël. Ils ne cherchaient pas à proposer une histoire objective du royaume du Nord, mais plutôt à donner une « explication théologique » à une histoire déjà connue, du moins dans les grandes lignes. Quels qu'aient été les jugements portés par la mémoire populaire sur les rois d'Israël, les auteurs bibliques les jettent tous dans le même panier ; ils portent contre chacun d'eux un jugement négatif. Les règnes de la plupart ne méritent que la mention suivante : tel roi « fit ce qui déplaît à Yahvé, il ne se détourna pas des péché de Jéroboam I, fils de Nebat ». Certains d'entre eux - comme Jéroboam I et les Omrides - sont condamnés plus durement que les autres, mais même ceux qui comptent parmi les plus pieux des rois nordistes sont considérés comme des pécheurs impénitents : Joram, fils d'Achab, crédité pour avoir renversé le massebah, un monument dédié à Baal, et Jéhu, glorifié pour avoir éradiquer son culte, sont néanmoins condamnés l'un et l'autre pour avoir suivi les traces de « Jéroboam  fils de Nebat ». Même Osée, le dernier roi d'Israël, qui tenta d'arracher son pays aux griffes de l'Assyrie, est jugé avec à peine plus d'indulgence :  « Il fit ce qui déplaît à Yahvé, non pas pourtant comme les rois d'Israël ses prédécesseurs » (1). Donc, à partir des fautes de Jéroboam I, la bible nous conte l'histoire d'une catastrophe annoncée."

"Pour le deutéronomiste, l'apogée de l'histoire du Nord n'est ni dans les règnes d'Achab et de Jéroboam II, ni dans la tragédie finale, mais dans le résumé des fautes d'Israël et leur corollaire : le châtiment de Dieu." (Ibid. p. 257-258)

 

 

(1) Cf. 2 Rois 17, 2)

 

a) Sur les prophéties.    

 

Quatre prophéties (1) furent habilement introduites dans le récit sur l'effondrement de la monarchie unifiée et l'établissement du royaume indépendant d'Israël. " Ces oracles - présentés comme une confidence directe de Dieu à certains prophètes - reflètent la tentative opérée par une génération ultérieure de Judéens d'interpréter et d'expliquer les aléas de l'histoire." (Ibid p. 192) 

 

(1) 1 Rois 11, 11-13 ; 11, 31-39 ; 13, 1-2 ; 14, 7-16.

 

b) Sur la prophétie contre l'autel païen de Jéroboam, en 1 Rois 13, 1-2.

 

"Voilà une prédiction des plus surprenantes, dans la mesure où l' « homme de Dieu » en question relève le nom du roi de Juda qui, trois siècles plus tard, va démolir ce même sanctuaire, tuer ses prêtres et souiller l'autel avec leurs restes humains. On croirait lire une histoire de l'esclavage, prétendument écrite dans l'Amérique coloniale du XVII ͤ siècle, mais dont un passage prédirait la naissance de Martin Luther King. (..) La précision même de la prédication précédente, énoncée par l' « homme de Dieu », trahit clairement l'époque à laquelle elle fut composée. Le roi davidique Josias, celui qui conquit et détruisit  l'autel de Béthel, a vécu à la fin du VII ͤ siècle av. J.C.  Pourquoi  avoir introduit dans un récit qui se déroule à la fin du X ͤ siècle un personnage qui appartient à un futur aussi distant ?"

La réponse est que "les deux livres des Rois sont beaucoup plus proches de l'argumentation religieuse exaltée - écrite au VII ͤ siècle av. J.C., - que de l'œuvre historique." (Ibid p. 194-195)

 

 

c) Sur la tragédie qui frappa les Omrides.

 

 "La tragédie (1) qui frappe les Omrides (2) est un classique de la littérature, riche en personnages hauts en couleur et en scènes dramatiques. Une famille royale paye de sa disparition sanglante les crimes qu'elle a commis contre son propre peuple. (..) le récit biblique est tellement truffé d'anachronismes et d'incohérences, si visiblement influencé par la théologie chère aux auteurs du  VII ͤ siècle av. J.C. , qu'il tient davantage du roman historique que de la chronique précise et fiable.

Parmi les aberrations, il faut noter la prétendue invasion de Samarie (2) par le roi de Damas, Ben-Hadad, qui eut lieu après le règne d'Achab. La mention d'une alliance entre Israël et un roi édomite anonyme compte aussi parmi les anachronismes : le premier monarque d'Edom régna un bon siècle après la disparition des Omrides. En fait, si l'on supprime les anachronismes, et les histoires de menaces et de prédictions accomplies, il ne reste, du compte rendu biblique, quasiment aucun matériau vérifiable, hormis la succession des rois israélites, certains de leurs projets de construction les plus célèbres et l'aire générale de leurs activités militaires. (Ibid p. 204-205) 

"Omri et ses successeurs se sont attirés la haine de la Bible en raison de leur force, précisément parce qu'ils étaient parvenus à transformer le royaume du Nord en un pouvoir régional d'envergure, qui faisait de l'ombre à ce pauvre royaume de Juda au sud, marginal et rural."  (Ibid p. 226) 

 

"La Bible offre une interprétation purement théologique du sort du royaume nordiste. En contraste, l'archéologie ouvre une perspective différente sur les événements survenus durant le siècle qui suivit la chute des Omrides." (Ibid. p. 229)

 

"(..) l'archéologie a fait une découverte que la Bible néglige de mentionner : le cœur même de la terre d'Israël a été occupé pendant une période prolongée.

(..) tout semble indiquer que l'invasion d'Israël par Hazaël (4), au milieu du VII ͤ siècle av. J.C., fut suivie d'une occupation prolongée de l'édification d'au moins trois forteresses - Dan, Haçor et Betsaïde - qui affichent les mêmes caractéristiques, dont certaines sont typiquement araméennes. Et il existe des raisons supplémentaires de croire que la population de cette partie du royaume israélite était, au moins, partiellement, peut-être essentiellement araméenne. Dans cette région, sur presque tous les sites importants du Fer II, les ostraca découverts lors des fouilles sont composés en araméen.

L'occupation syrienne fut de courte durée.

(..) nous commençons à comprendre l'impact énorme exercé par l'impérialisme assyrien sur le cours des événements survenus dans le royaume d'Israël. L'essentiel de ce que la Bible attribue au poids de l'impiété ou à l'ambition des rois d'Israël résulte en réalité des aléas de la politique internationale.

Les livres des Rois dépeignent injustement Achab comme un tyran idolâtre, alors que l'inscription du monolithe de Salmanasar III prouve qu'il fut l'un des plus énergiques opposants à la domination assyrienne (..) Et alors que la Bible nous présente Jéhu (4) comme l'instrument choisi par Dieu pour éradiquer l'idolâtrie en Israël, le fameux « obélisque noir » de Salamansar III le montre en train de se prosterner de tout son long aux pieds du souverain assyrien.

(..) La renaissance d'Israël sous le règne du petit-fils de Jéhu, Joas (5), était due davantage à l'humiliation infligée à Damas par les Assyriens qu'à une indulgence quelconque de Dieu." (Ibid p. 236, 238-239)

 

(1) Cf. I Rois 16, 8-11, 30-33 ; 19, 17 ; 21, 19-24.

(2) dynastie

(3) Il ne fait aucun doute que Samarie fut construite par Omri, roi d'Israël, père d'Achab. 

(4) roi d'Israël  

(5) Cf. 2 Rois 13, 22-25

 

d) Sur les villes bâties par Salomon

 

Le verset 15 du chapitre 9 du livre 1 des Rois (1) décrit les grands chantiers entrepris par Salomon à Jérusalem, Haçor, Megiddo et à Gézer.

"Il n'est pas interdit de penser que l'auteur judéen, qui composa le récit un bon siècle plus tard, ait, dans un bel élan de romantisme et de patriotisme, attribué les ruines majestueuses des grands bâtiments construits par Jéroboam à l'âge d'or de Salomon." (Ibid p. 243) 

 

Nous pouvons exclure l'historicité de ce verset de la Bible.  

 

 

e) Sur le livre II Rois

 

L'emploi de la rhétorique religieuse apparaît clairement dans le livre II Rois.

 

"Le second livre des Rois insiste sur le pouvoir protecteur de YHWH sur Jérusalem et ne mentionne que laconiquement la capture de « toutes les villes fortes de Juda » (1). Mais d'autres textes bibliques dévoilent l'horreur que représente la campagne assyrienne pour ces infortunés judéens, victimes du saccage systématique de la province, entreprise par Sennachérib. Ces passages, totalement absents de l'histoire deutéronomiste, se trouvent dans les œuvres prophétiques (2).

 

"Les explorations archéologiques ont démontré l'ampleur des dévastations. (..) en dépit des belles paroles de la Bible (3) sur la piété d'Ézéchias et l'intervention salvatrice de YHWH, la victoire appartenait à l'Assyrie. Sennachérib avait atteint son objectif : briser la résistance de Juda et lui imposer le joug de la soumission. Ézéchias avait hérité d'un royaume prospère : Sennachérib (4) le détruisit." (Ibid p. 299-300)

 

 

(1) Cf. 2 Rois 18, 13)

(2) Deux témoins contemporains des événements - les prophètes Isaïe et Michée - expriment la terreur et le désespoir qui paralysèrent Juda face à la progression assyrienne. Isaïe, qui habitait Jérusalem au moment du siège, décrit une campagne militaire qui frappa la région nord de Jérusalem. (Cf. Isaïe 10, 28-32)

(3) Hormis un court verset, la Bible ne dit mot des résultats catastrophiques de la campagne assyrienne contre les provinces judéennes.

(4) Roi d'Assyrie, fils de Salmanasar.

 

g) Sur le nombre des personnes exilées de Jérusalem à Babylone

 

Les versets 14 et 16 du chapitre 24 du livre 2 Rois sont en contradiction avec le verset 28 du chapitre 52 du livre Jérémie.

En effet, le nombre total des déportations babyloniennes s'élèvent à quatre mille six cents personnes en Jérémie alors qu'en 2 Rois il en est dénombré plus du double !

 

Commentaires sur les livres Chroniques

 

a) Sur les villes fortes bâties par Roboam 

 

"L'identification de forteresses prétendument construites par le fils de Salomon, Roboam, à travers Juda (1), et le lien établi entre les fortifications massives du site de Tell-en-Nasbeh, au nord de Jérusalem, et les travaux de protection entrepris par le roi judéen Asa, autour de la cité biblique de Mipça (2), se sont révélés l'une et l'autre erronés. À l'instar des portes et palais dits « salomoniques », ces constructions ont été entreprises presque deux siècles après la mort de ces deux souverains. (Cf. La Bible dévoilée p. 269, Israël Finkelstein et Neil Silberman , Éditions Bayard, Paris, 2002) 

 

(1) Cf. 2 Chroniques 11, 5-12)

(2) Cf. 1 Rois 15, 22)

 

b) Sur Josias

 

"(..) Les histoires édifiantes sur son éveil religieux précoce, durant son adolescence, rapportées par le second livre des Chroniques (1), relèvent vraisemblablement de l'hagiographie. Cependant, durant tout son règne sur le royaume de Juda. Josias semble avoir été reconnu par nombre de sujets comme un espoir tangible de rédemption nationale, comme un véritable messie, chargé de restaurer les splendeurs passées de la maison d'Israël. 

Le rôle messianique de Josias s'inscrit dans le cadre théologique du nouveau mouvement religieux qui transforme radicalement la signification du terme « israélite » et qui établit la fondation du judaïsme futur (..). Ce mouvement est responsable de la production des documents clés de la Bible - principalement d'un livre de la Loi, découvert pendant les travaux de rénovation du Temple de Jérusalem, en 622 av. J.C. , durant la dix-huitième année du règne de Josias. Ce document, identifié par de nombreux savants comme la version originale du Deutéronome, déclencha une révolution dans le rituel et redéfinit intégralement l'identité israélite. Il expose les principes fondamentaux du monothéisme biblique, qui se résument au culte exclusif d'un seul Dieu en un seul lieu, à l'observance nationale des fêtes principales de l'année juive (la Pâque, les Tabernacles) et à toute une série de réglementations diverses, qui concernent le bien public, la justice et la moralité personnelle." (Ibid. p. 313-314)

"Bien entendu, des rajouts furent introduits ultérieurement dans le texte final mais, dans l'ensemble, le Deutéronome colle étroitement à tout ce que Josias a décidé de promulguer, « pour la première fois », à Jérusalem, en 622 av. J.C."

(..) les savants ont observé que le style littéraire dans lequel est formulée l'alliance passée entre YHWH et le peuple d'Israël dans le Deutéronome, ressemble de façon frappante à celui des traités assyriens de vassalité au début du VII ͤ siècle av. J.C. (..) Qui plus est, comme le fait remarquer le bibliste Moshe Weinfeld, le Deutéronome n'est pas non plus sans rappeler la littérature grecque primitive, dans l'expression de l'idéologie au sein de discours programmatiques, dans la manière de bénir et de maudire, dans les cérémonies qui consacrent la fondation de nouvelles implantations. Pour résumer, il paraît évident que le livre de la Loi dont parle le second livre des Rois n'est autre que la version originelle du Deutéronome. On peut en conclure sans risque d'erreur que, loin d'être un document ancien découvert par surprise, il fut en réalité composé au VII ͤ siècle av. J.C. , immédiatement avant ou pendant le règne de Josias.

(..) une revue des sources historiques et archéologiques montrera comment les changements majeurs relatifs à l'équilibre du pouvoir dans la région ont joué un rôle central dans la formulation de l'histoire biblique. (Ibid. p. 318-319)

 

"(..) les très pieux Josué, David et Ézéchias, et les apostats Achaz et Manassé - sont présentés comme des miroirs, en positif ou en négatif de Josias. De ce point de vue, l'histoire deutéronomiste n'a rien d'historique, dans le sens moderne du terme. Sa composition répondait à un double besoin, idéologique et théologique. (..)" (Ibid p. 322)

 

Si l'archéologie s'est révélée précieuse en mettant en lumière les développements sociaux qui ont, dans la durée, sous-tendu l'évolution historique de Juda et la naissance du mouvement deutéronomiste, en revanche, elle n'a pas fourni de preuves convaincantes des réalisations spécifiques de Josias. Le temple de Béthel - cible première de Josias dans sa campagne contre l'idolâtrie - n'a toujours pas été identifié ; en dehors de Jérusalem, à ce jour, on n'a découvert qu'un seul temple judéen contemporain de Josias.

(..) d'autres découvertes laissent croire que Josias était loin d'être parvenu à éradiquer la vénération des images (2) (..)" (Ibid p. 326-327)

 

(1) Cf. 2 Chroniques 34, 3)

(2) Un grand nombre de figurines qui représentent une femme debout soutenant ses seins avec ses mains (identifiée généralement à la déesse Asherah). 

 

     

 

Article rédigé par Pascal Bourdaloue

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